Puella ex machina

Puella ex machina est un jeu de mots sur l’expression grecque Deus ex machina, qui signifie : « dans le vocabulaire théâtral, le procédé consistant à faire entrer en scène, en le descendant des cintres, un dieu ». Dans ce cas, Puella ex machina représente la fille qui sort de la machine. Il s’agit d’une peinture à l’huile sur toile de 80 × 80 cm. Évidemment, elle ne sort pas réellement d’une machine, mais nous aimerions la faire sortir d’une machine à pinces. Or, si nous le faisions, nous entrerions dans le jeu.

À travers cette peinture, je cherche à proposer une réflexion critique sur l’hypersexualisation des enfants, et plus particulièrement des petites filles. La société, les parents, l’école et tout ce qui nous entoure depuis notre plus tendre enfance ont une influence sur la construction de notre identité, notamment sur notre identité de genre. Les jouets jouent un rôle majeur dans ce processus, car ils font partie de notre quotidien dès la naissance et jusqu’à l’adolescence. Ils peuvent sembler anodins ou inoffensifs, mais ils portent souvent une charge symbolique forte et influencent la construction des identités sociales et culturelles.

Nous avons tous déjà entendu des phrases comme : « Ce n’est pas un jouet pour les filles », « Les filles ne jouent pas à ça ! » ou encore « Les bonnes filles font de beaux sourires ». Ce type de discours conditionne les comportements et façonne l’identité des enfants, tout comme le font les jouets et les jeux qu’on leur destine. Dans ma peinture, je mets en lumière la place qu’occupent souvent les petites filles, enfermées dans ce conditionnement à travers les jouets. Elles finissent ainsi, métaphoriquement, par se retrouver dans la machine, qui symbolise la société, devenant à la fois un objet de désir et un produit à attraper avec la pince.

Pourtant, cette fillette a une expression de défiance : elle regarde directement le spectateur, comme si elle disait, sans prononcer un mot, qu’elle ne se laissera pas faire. La pince représente les dangers auxquels les filles sont confrontées au quotidien. La palette de couleurs a été choisie pour renforcer les codes féminins actuels que je souhaite renverser, mais qui restent encore profondément ancrés dans nos cultures et nos sociétés.